Morsures de chien - conséquences et gravité


Les morsures de chien représentent un problème de santé publique qui est encore peu étudié en France.

L'institut de veille sanitaire (InVs) et l’association des vétérinaires comportementalistes Zoopsy, ont réalisé une étude aux urgences de huit hôpitaux de villes Françaises. L’objectif de cette enquête était d’assurer la description épidémiologique (étude des facteurs influant sur la santé de populations) des personnes mordues, des morsures et des chiens ayant mordu. Puis de déterminer les facteurs de gravité des morsures de chien à partir des données collectées (caractéristiques du chien, âge et sexe de la victime, lien entre la victime et le chien, etc.), ainsi que des données collectées à un mois concernant l’évolution et les conséquences de la morsure.
Au cours des vingt dernières années en France, il y a eu 33 décès par morsures de chien. Les deux tiers soit 21 concernent des enfants de moins de 15  et 16 ans. Tout en sachant que par an en France, 1,5 personne décède à cause des chiens et 25 personnes décèdent à cause des guêpes. Chez les enfants les plus jeunes, les blessures sont plus graves, plus nombreuses et se situent souvent au niveau de la tête et du cou, ce qui peut entraîner des séquelles physiques, esthétiques et psychologiques.
Dans la majorité des cas, la personne qui a été mordue connaissait le chien et les agressions se produisent au domicile du chien.
 
De nombreuses études étrangères montrent que les chiens catégorisés en France ne sont pas ceux qui sont à l’origine des plus nombreuses morsures, même si la taille et le type de chien ont des conséquences sur l'impact des morsures et donc sur leur gravité. Si la possibilité d'expression par la morsure est inhérente à la nature même du chien, la gravité des morsures est liée à de nombreux autres facteurs où la taille et le type de chien. Chez les enfants, l’âge de celui-ci est un facteur de gravité reconnu, mais la vie qu’occupe le chien dans le foyer a également été citée.

Les comportements d’agression sont souvent décrits comme étant essentiellement de nature réactionnelle et relationnelle, avec pour fonction la mise à distance ou le maintien d’une distance entre les individus. Les agressions de ce type sont contrôlées et en général, ne provoquent pas ou peu de lésions. C’est l’absence de contrôle de la séquence de morsure qui est responsable des morsures graves et spectaculaires. Elle peut-être soit naturelle dans le cas de prédation, soit pathologique en cas d’état anxieux.

La classification la plus utilisée en France est celle de Moyer modifiée par le Dr Patrick Pageat. Cinq types de comportements se distinguent essentiellement par leur mode de déroulement déclencheur, circonstances de déclenchement ou dans la description de la séquence.
- Par agression hiérarchique.
- Par irritation.
- Par peur.
- Territoriale et/ou maternelle
- Par prédation.

Avec à l'intérieur un certain nombre de sous catégories de circonstance:
- Coup de croc accidentel.
- La victime a voulu retirer un objet ou de la nourriture.
- Attaque commandée par un humain.
- Disputes entre humains ou réprimande envers le chien.
- Le chien souffrant de douleurs ou la victime prodiguait des soins au chien.
- La victime avait énervé ou surprit le chien.
- Sans raison apparente. (Il existe des morsures sans phase de menace ni d’apaisement qui n’entrent pas dans la classification ; elles sont beaucoup plus dangereuses car imprévisibles)
- La victime est intervenue dans une bagarre de chiens.

La moyenne d’âge des personnes victimes de morsure dans l’enquête était de 28,8 ans. Les moins de 15 ans représentaient 36% de cette population. Il n’y avait pas de différence significative entre les proportions d’hommes (51%) et de femmes (49%). Cependant, le ratio selon le sexe variait avec l’âge des victimes de morsures : les hommes étaient plus mordus que les femmes chez les 30-39 ans. Au-delà de l'âge de 60 ans, les femmes étaient plus victimes de morsures que les hommes. Chez les enfants, les morsures se sont produites le plus souvent en dehors de la présence d’un adulte: 64 % chez les 0-4 ans et 78% chez les 5-9 ans.

Les types de chiens les plus fréquemment citées dans cette enquête correspondent aux types de chiens les plus fréquentes en France. Il n'a pas été possible de rapporter la répartition des types de chiens cités dans l'enquête à celle que l'on trouve dans les régions des hôpitaux de l'enquête. Les chiens de catégorie n'étaient pas nombreux dans l'enquête (au nombre de 18).

Les morsures étaient plus nombreuses et plus graves quand la victime connaissait le chien ayant mordu. Chez les adultes, les morsures survenaient souvent lorsque la victime cherchait à séparer des chiens qui se battaient, alors que chez les enfants, les morsures survenaient davantage lorsque le chien était dérangé. Les morsures chez les enfants étaient plus fréquentes au niveau de la tête et du cou, alors que les lésions étaient plus graves chez les adultes. Comme s'il était encore besoin de le démontrer, cette étude n'a trouvé aucun lien entre la gravité de la morsure et le type de chien ayant mordu.

Les données recueillies dans le cadre de cette enquête aux urgences de huit hôpitaux ont permis d’établir et de confirmer de manière détaillée les circonstances déjà connues de survenue des morsures de chien et leur gravité. Toutefois, même si la redondance des résultats avec d'autres études permet de confirmer la répétition des situations, les caractéristiques de l’échantillon des personnes mordues ne permet pas la généralisation des résultats à l’ensemble du territoire national. Il faudrait la valider par une étude sur l'ensemble du territoire Français.

Afin de protéger les enfants qui semblent plus vulnérables au niveau des traumatismes physiques et psychologiques, tout le monde a tendance vouloir y aller de son bon conseil, du type « il faut leur apprendre à ne pas considérer le chien comme un jouet mais bien comme un être vivant ayant ses propres réflexes de défense et qu’il faut respecter.». Sauf que ceux qui donnent ces conseils sont les plus touchés par les morsures et qu'ils ne savent absolument pas se que représente ce genre de conseil !! 

La connaissance des résultats établis par ses enquêtes devraient contribuer à leur prévention avec comme seul remède, la pédagogie préventive des adultes et des enfants.

Source : Institut de veille sanitaire (InVS) et l’association des vétérinaires comportementalistes Zoopsy.  1er mai 2009 au 30 juin 2010 C. Ricard, V. Servas, B. Thélot et Zoopsy, www.invs.sante.fr



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