L'enfant et le chien dans le jeu


But de l'étude.

Déterminer les interactions et les apports réciproques ayant lieu entre l’enfant et le chien en situation de jeu.

Une telle vision de l’activité ludique entre les deux interactants permet d’élaborer une approche basée sur quatre champs de questionnement ; hypothèses relatives à notre problématique :

* Quel est l’historique du comportement ? 
* Quelle est la fonction du jeu et quels avantages apporte-t-il à chacun des protagonistes ?
* Quelle est l’ontogenèse du comportement jeu ?
Comment le comportement jeu apparaît-il chez l’enfant et le chien ?
* Quels sont les déclencheurs du jeu entre l’enfant et le chien ?
* Par quelles structures et quels processus physiologiques l’enfant et le chien perçoivent-ils des stimulations externes et des états internes les amenant à produire ce comportement spécifique qu’est le fait de jouer ensemble ?

Le recueil de données et les résultats de terrain

 

mediateur maitre chien

 Les séquences sont séparées les unes des autres, non en fonction d’un minutage précis et minutieux mais davantage par rapport aux différents jeux se succédant au sein-même de l’activité ludique entre l’enfant et le chien.

Par la suite, l’analyse s’effectue par le biais du visionnage des différentes cassettes vidéo. Plusieurs séquences ont été observées. Les plus récurrentes sont le jeu d’exploration, le jeu de poursuite, le jeu d’objets, le jeu de faire semblant et la promenade. Les trois premiers items correspondent aux périodes où l’enfant joue avec le chien. L’item "promenade" fait référence à des périodes de "temps mort" où l’enfant et le chien peuvent, d’une manière ou d’une autre - appel ou toucher notamment - entrer en contact mais sans établir un jeu académique.

Dans le cadre de la majeure partie des observations effectuées, cela s’explique, notamment, par la configuration des lieux.
Le contexte géographique exerce ainsi une influence non négligeable sur les comportements.

Chaque séquence a été minutée et les durées de chacune ont été additionnées entre elles en fonction des quatre catégories de classement prédéfinies.
En réalisant cette même procédure pour chaque observation, nous avons pu mettre en évidence la durée moyenne de chaque jeu ainsi que sa fréquence d’intervention au cours de l’observation. L’enfant peut assez aisément stimuler le chien de manière à en faire son compagnon de jeu que ce soit par choix ou par défaut, comme il le ferait avec un de ses pairs. Quelque soit l’âge et le sexe des enfants et des chiens, le jeu d’objets est le plus récurrent. Tous les enfants et les chiens observés dans le cadre de cette étude ont eu recours au jeu d’objets notamment par le biais d’une balle ou d’un morceau de bois. Une des principales caractéristiques de cette entente entre les deux espèces au niveau ludique se révèle être la façon dont l’un et l’autre des deux protagonistes parvient à se rassurer quant à la possession d’un objet précis. Parmi ce type de jeu, le jeu de rapport est fréquent chez tous les sujets observés.

Dans les deux catégories d’individus, les deux sexes sont pris en compte sans distinction particulière ; si ce n’est peut-être concernant le jeu de lutte et le jeu de poursuite où les petits garçons semblent plus concernés que les petites filles. Le jeu de poursuite et le jeu d’objets représentent environ le même pourcentage en terme de répartition temporelle au cours de l’observation. Dans ce premier type de jeu, au cours de nos observations, l’enfant a, en moyenne, davantage sollicité l’animal. En règle générale, l’enfant va considérer que le chien est trop loin devant lui. Il commence par verbaliser cette constatation en prononçant son nom. Puis, il se met à courir dans sa direction. Dans la majorité des cas, le jeu de poursuite débute alors réellement lorsque l’enfant arrive au niveau du chien et que ce dernier se met à le poursuivre. A partir de là, les rôles peuvent s’inverser. Les deux protagonistes peuvent se pourchasser en ligne droite, puis faire demi-tour pour revenir vers les adultes ou bien effectuer des cercles plus ou moins larges. Les observations entrant dans le cadre de cette étude ne permettent pas de déterminer si ce jeu de poursuite se rapproche d’un comportement de "chasse" dans le sens où ni l’enfant ni le chien ne manifestent aucun signe particulier lorsqu’ils se retrouvent à la même hauteur. Soit l’un des deux changent de direction, soit l’activité cesse.

 A travers son jeu d’imitation de Luna et Essie, Mathéo donne l’impression de chercher à stimuler les deux chiennes, attirer leur attention, en adoptant un comportement similaire au leur. Plusieurs facteurs comme l’âge, le poids, la taille ou l’état de santé du chien et de l’enfant vont être déterminants dans la nature et la diversité de l’activité ludique qui peut être partagée. En tout état de cause, quelle que soit sa forme, cette dernière remplit un rôle social. Elle va favoriser l’ouverture d’esprit de l’enfant et sa communication avec son entourage. L’association du jeu et de l’animal peut être un outil de rapprochement - facteur de lien social - entre individus ; que ces derniers appartiennent au monde humain ou animal. Par l’intermédiaire du plaisir ressenti lors d’un échange ludique, l’enfant et le chien établissent une véritable complicité. Certains iraient même jusqu’à s’aventurer à parler de relation amicale enfant / chien.
 



Jusqu’à 15/18 mois l’enfant sort de son égocentrisme et commence à communiquer. Surtout s’il est enfant unique, le chien va constituer un interlocuteur de choix. A cet âge, la communication est orale, mais  surtout gestuelle et l’interprétation qu’en fait le chien est souvent ambivalente parce que proche du registre canin, mais signifiant autre chose. Cette discordance de sens peut aboutir à des incompréhensions qui vont entraîner des grognements de domination ou plus vraisemblablement d’irritation qui (si ils ne sont pas pris en considération, c’est à dire ne stoppent pas les gestes menaçants ou irritants, en tous cas pris comme tels par le chien) peuvent  éventuellement ouvrir la voie à des morsures, surtout si fuir est impossible.



Source: Delphine Descamps "ETHOLOGIE DU JEU ou la "relation zoolodique" entre l'enfant et le chien"


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