Achat du chiot et conditions d'élevage


Dans l'achat du chiot, les conditions d'élevage que cela soi chez un particulier, dans un élevage occasionnel, amateur ou professionnel devraient être la principale préoccupation. Sans parler des grandes surfaces animalières, des animaleries indépendantes et des animaleries de jardineries qui vendent des chiots, ou la traçabilité de ces conditions d'élevage devient totalement impossible.

Le chien en France

 La France compte environ 8000 établissements d’élevage et de vente de chiens.
Une enquête Sofres (2005) démontre les différentes voies par lesquelles l'achat du chiot ou du chien est satisfaite, aux dires des propriétaires:
- 48% des chiens sont acquis par relation. On suppose qu'il s'agit de chiots d'éleveurs occasionnels.
- 24% proviennent d'un élevage, c'est-à-dire ont été vendus par un éleveur amateur ou professionnel
- 8% sont des animaux adoptés dans des refuges
- 5% sont des chiots nés à la maison
- 5% ont été achetés dans un magasin spécialisé
- 4% ont été trouvés
- 6% proviennent d'autres voies.
Depuis peu avec l'émergence des Foires aux chiots les statistiques ont dû évoluer. Salons du chiot: le scandale de l'achat émotionnel
 
Selon une enquête Facco/Tns Sofres de 2004 on recense en France environ huit millions et demi de chiens. C'est le premier effectif en Europe. Le renouvellement annuel de chiens français est estimé à environ un million de chiots (plus que le nombre de places disponibles); certains naissent dans des élevages en France, d’autres sont importés. La "production" annuelle de chiots de race inscrits au LOF (Livre des origines Français) a avoisiné les 150 000 naissances au cours de ces dernières années. Contrairement à d’autres pays européens elle est nettement minoritaire.

Sur 100 chiens abandonnés, 60 le sont pour des motifs comportementaux. La moitié des euthanasies en France, soit 100 000 par an, ont un lien avec un comportement indésirable ! Principalement les destructions en l'absence des propriétaires. Ces inexorables et intolérables chiffres sont majoritairement le résultat d’un décalage entre le chien imaginé ou idéalisé avant l’achat et le chien acheté.

Incidence des conditions d'élevage.


Les processus qui régissent le développement du comportement chez le chiot ne sont pas encore totalement connus. Ce qu'il est possible d'affirmer cependant, c’est que le temps qui passe n’est pas suffisant pour que le développement soit harmonieux. Il faut y ajouter l’expérience de l’individu (Vastrade 1987). L’acquisition des compétences et des comportements qui permettront au chiot de s’intégrer dans son environnement physique et social, est étroitement liée au développement des connexions synaptiques du système nerveux et aux stimulations fournies par l’environnement dès sa naissance dans l'élevage. Les conditions du développement sont déterminantes pour construire les comportements futurs du chiot. La période qui dure jusqu’aux environs de la douzième semaine, devrait pouvoir se dérouler en partie à l’élevage. Ce qui n'est pas souvent le cas, car l'immense majorité des chiots sont vendus à 8 semaines (quand ce n'est pas plus tôt). Il serait donc légitime de chercher ce que pourrait faire l’éleveur pour assurer les meilleures conditions de développement du chiot, et, malheureusement puisque le vétérinaire est censé être son conseiller, il n'y a pas d'amélioration à espérer.

Le rôle de l’environnement devient majoritaire dans l’élaboration et la régulation des comportements au cours de la maturation du système nerveux, par opposition à l’approche behavioriste des anglo-saxons. Ceux-ci considèrent, en effet, que les comportements modifiés constituent, en général, une réponse malencontreusement renforcée par l’entourage et que les mécanismes du cerveau ne sont pas analysables. Ils ne replacent pas les symptômes dans le fonctionnement plus global de l’animal, les troubles du comportement sont donc représentés comme une série de symptômes isolés. Alors que le modèle élaboré par l’école latine permet de mieux comprendre les troubles, en les découpant en processus pathologiques, et permet surtout, d’en améliorer la prévention. Les troubles comportementaux qui touchent les chiots en cours de développement sont susceptibles d’altérer durablement la qualité de vie de celui-ci et sa relation avec l’homme. Ils constituent de véritables défis: les traitements sont longs, fastidieux, délicats à organiser. Ces troubles sont, de plus, souvent diagnostiqués tardivement et sont à l’origine des problèmes et des dilemmes cruels pour les propriétaires des chiens concernés. Un lien affectif a en effet eu le temps de se développer entre le maître et l’animal et un retour chez le vendeur, un dédommagement financier à titre de réparation,

Un dépistage précoce devrait être mis en place afin d’adopter plus précocement les mesures nécessaires au bien-être animal et à l’harmonie homme-chien. Sauf que le premier interlocuteur du chiot est toujours le vétérinaire. Rappelons à toutes fins utiles que le métier du vétérinaire est de soigner les animaux et en aucun d'être habilité et former à traiter les comportements canins.

Le cerveau du chiot va se sculpter à l'élevage sous l’influence de l’expérience interne et externe qui en déterminera l’architecture finale et les modes de fonctionnement du chiot.

Chronologie du développement neurologique du chiot (Muller 2000)

- Conception à la deuxième semaine: Croissance et formation cérébrale (augmentation du nombre de neurones)
- Deuxième à la quatrième semaine: Développement et maturation synaptique (augmentation du nombre de synapses)
- Quatrième à douzième semaine: Maturation et sélection synaptique (mise en service et sélection des synapses)
- Douze semaines à la puberté: Utilisation des acquis pour la formation d’une image du monde (invariance relative du nombre de synapses).

La familiarisation.

La familiarisation est nécessaire car elle permet de prévenir les comportements de prédation ou d’agression. Il est important de souligner qu’elle est difficile après quatorze semaines (Pageat 1998). Les attitudes et le travail de l’éleveur, dans les différentes mises en présence lors de rencontres entre un chiot et une autre espèce, sont capitaux, la période la plus favorable à la socialisation s’étendant de la troisième à septième semaine.

En fait, de trois à cinq semaines, le chiot est attiré par tout ce qui est nouveau, c’est-à-dire par tous les individus, quelle qu’en soit l’espèce. Le chiot s’attache à toutes les espèces qu’il rencontre. Il mémorise et apprend les caractères supra-individuels des individus avec lesquels il interagit à cette période.

À partir de cinq semaines, les expériences doivent être positives pour pouvoir participer à une socialisation correcte, car débutent la phase d’aversion en même temps que décroît le phénomène d’attraction du non connu. Après douze à quatorze semaines, l’aversion, ou la peur de ce qui est inconnu, dominent et la socialisation devient beaucoup plus difficile. C’est pourquoi, il est primordial que toutes les espèces auxquelles on souhaiterait socialiser un chiot soient présentes dans son environnement d'élevage et qu’il puisse interagir avec elles dès le début de la période de socialisation et avant douze à quatorze semaines d’âge. Être un éleveur devrait consister à ne penser qu'à consacrer son temps à stimuler correctement ses chiots.

Parce que l’apprentissage stable commence aux alentours de la huitième semaine, en même temps que la période aversive, une expérience traumatisante à ce stade (visite chez le vétérinaire, contact violent et douloureux avec un autre animal ou  un jeune enfant déplacement en voiture, premier contact avec de jeunes enfants…) peut désocialiser un chiot ou conduire à un état phobique (Queinnec 1983).

La réalité.

Vu que dans l'immense majorité des cas le premier contact avec le vétérinaire consiste à rentrer dans une pièce remplit de phéromones de peur, à subir une injection et à se laisser manipuler sans ménagement, le tout en dix minutes. Et que malgré tout le vétérinaire reste et restera LA première référence pour le propriétaire novice, en mélangeant cela avec de mauvaises conditions d'élevage, le chemin risque d'être long, très long...


01/072015

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